Centre Houamla
La collection du Centre Houamla est organisée par matière et par geste technique plutôt que par simple chronologie : la terre cuite, le bois sculpté, la parure assemblée, la corde tendue, la couleur peinte et la fibre tressée. Parcourez chaque famille en détail.
La Galerie des Arts du Voyageur est une collection à majorité d'origine africaine, asiatique, des îles du Pacifique et de l'Australie. Ces objets ont été acquis pendant nos voyages autour du monde, et nous interpelle comment les mains de l'artiste peuvent être magiques et en même temps nous montrer combien les similitudes dans la conception et l'exécution des œuvres d'arts transcendent les races et les cultures.
La collection comprend des masques en bois, des sculptures, des objets tissés, des vêtements, des paniers, de la poterie, des os sculptés, des tapis faits main, des bijoux, du cuir, des instruments de musique, et bien d'autres objets. La plupart des pièces collectées sont originales, et la majorité a été utilisée dans des rites cérémoniels en contexte tribal.
Les passionnés d'art y retrouvent des thèmes récurrents : la maternité, la femme au puits, l'Égypte ancienne et moderne, ou encore les « larmes du masque ».
Du petit pot fumé au brûle-encens perforé, en passant par la grande coupe peinte à motifs de feuilles, cette collection rassemble des pièces façonnées au tour ou modelées à la main. Chaque forme répond à un usage : conserver l'eau, brûler une résine, présenter une offrande.
Les surfaces, parfois noircies par la cuisson ou la fumée, parfois peintes de motifs végétaux, témoignent de techniques de cuisson et de décor propres à chaque tradition régionale, du Yucatán à la vallée du Nil. Une jarre en albâtre de Louxor, gravée de hiéroglyphes et attribuée au temps des pharaons, complète cet ensemble aux côtés de répliques du trésor de Toutânkhamon.
Cette famille rassemble des figures et des reliefs taillés dans le bois et la pierre : un groupe familial de guerriers est-africains portant lance et bouclier, un visage totémique à la patine minérale rouillée par le temps, un rare masque Akyé au bois rougeâtre issu de la prestigieuse collection Charles Ratton, un bas-relief villageois en bois d'ébène du Malawi, et une boîte à bijoux philippine entièrement gravée en bas-relief.
Ces sculptures occupaient souvent une fonction de mémoire, de protection ou de statut : représenter une lignée, veiller sur un foyer, marquer une cérémonie au sein de la communauté.
Coquillages cauris, perles de verre, fils métalliques et pierres colorées composent cette collection de parures : coiffe cérémonielle, colliers à pampilles, sautoirs de perles blanches et parure tissée aux couleurs vives.
Portées lors de cérémonies, de mariages ou de rites de passage, ces pièces sont autant de langages sociaux : elles signalent un statut, une appartenance, une étape de la vie.
Le Rebab, instrument à cordes traditionnel de Jordanie et de Palestine, tient ici la vedette : caisse tendue de cuir de vache clouté, manche de bois tourné et archet noué de crin, pour une sonorité grave et nasillarde propre aux musiques populaires du Levant.
Haut de 60 cm pour 17 cm de large, il illustre la rencontre de trois matières simples — le cuir, le bois et la corde — au service d'un seul geste : faire chanter l'instrument sous l'archet.
Cette collection réunit la création contemporaine et la mémoire de l'Égypte ancienne : un portrait peint aux aplats de couleurs vives, rehaussé de perles de verre cousues pour dessiner la chevelure et les traits du visage, dialogue avec une reproduction de scène hiéroglyphique figurant des divinités égyptiennes.
D'un geste à l'autre, la couleur devient langage : celui, libre, de l'artiste d'aujourd'hui ; celui, codifié, des scribes de l'Égypte antique.
Tressée à partir de fibres végétales teintées, cette corbeille à fruits balinaise déploie un motif rayonnant en spirale, du cœur de la vaisselle jusqu'à la bordure cerclée de brun sombre.
Objet du quotidien devenu pièce d'exposition, elle rappelle que l'artisanat utilitaire — paniers, plateaux, corbeilles — porte lui aussi un langage graphique transmis de génération en génération.
L'intégralité de ces collections est présentée dans le parcours permanent du musée, complété par un regard temporaire renouvelé chaque saison.